Chez Philippe Martin ce matin, un article sur le journalisme 2.0 (eurk, mal de coeur! plus capable ce 2.0). Mais bon, au-delà du titre, le thème est fort intéressant.
Cette profession [le journalisme] en pleine mutation, qui parfois se sent menacée par les blogueurs, agacée par le terme « journaliste citoyen » auquel je préfère plutôt le terme « témoin citoyen », est-elle capable d’évoluer, de retrouver une certaine humilité, de se remettre en question ?
Les journalistes se sentent donc menacés par le phénomène des blogs. Bon, remettons un peu les choses en perspectives: ce ne sont pas tous les blogueurs qui sont dignes de crainte pas plus que ce ne sont pas tous les journalistes qui devraient se sentir menacés.
Il y a plusieurs types de journalistes et de blogueurs. Je crois que les journalistes les plus à risque sont ceux qui rapportent des nouvelles de l’étrangers ou provenant de fils de presse. Rien ne remplacera un journaliste (ou un blogueur) sur place, comme rien ne remplacera un bon éditorialiste (comme plusieurs blogueurs donnent dans le genre également). Mais un journaliste de nouvelles quotidiennes, un généraliste?
Le journaliste n’est pas moins bon que le blogueur, mais son médium lui nuira. Le blogueur entre par tous les trous: agrégateurs, courriels, portables, podcasts, sms… que sais-je? Le journal qui n’est pas lu le matin est déjà désuet le soir, alors que les blogs seront à jour eux.
Ce qui reste pour le papier? Les éditos! C’est d’ailleurs tout ce que je lis, les éditos et la caricature, qui est une forme d’édito. Je me balance un peu du comment rénover son cabanon, de la critique de Tout le monde en parle (je l’ai vu la veille!), ou de la contre-performance alarmante d’un ex-gardien d’une équipe qui ne fera pas les séries parce qu’on a pas de support de la population et que c’est pour ça qu’on a aussi perdu les Expos…
Les journaux – et les médias en général – raccolent le lecteur. Ils veulent lui en donner pour son argent. C’est peut-être là le problème: son argent. Les médias sont pris dans une spirale économique transcendée par la publicité. Qu’est-ce qu’on fait quand on veut annoncer de quoi sur la rue? On met des panneaux. Alors dans un journal? On met des pages de plus… et on bouche les trous par du pseudo-contenu comme comment rénover son cabanon…
L’autre problème du média traditionnel, c’est qu’il prend parfois le lecteur pour un con. J’aime bien ce commentaire fort pertinent de l’ex-collègue et homonyme Christian Aubry:
Une autre différence à mettre en lumière, entre blogueurs et journalistes, c’est que les bons blogueurs communiquent autant qu’ils le peuvent leurs sources, sous forme de liens vers des pages, articles ou documents accessibles sur le réseau, voire sous forme d’entrevues audio ou vidéos. Les journalistes n’ont pas ce réflexe [...]
C’est pour ça que je suis devenu blogueur, pour donner des pistes, en fait, je suis plus un pisteur au final… Et je pense que l’UGC, comme avec Wikipedia transforme beaucoup plus la société que la profession journalistique. Cette dernière suit simplement une tendance de société plus profonde.
Enfin, lisez aussi le billet de Philippe qui donne aussi plusieurs autres pistes de lectures:
N’ayez pas peur !!
Désolé pour t’avoir causé un beurk!! Tu mets bien l’emphase sur l’UGC qui d’une certaine manière est la clé de ce bouleversement. La semaine passée à digimart j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt l’intervention de Peter Wintonick qui faisait une revue du reportage citoyen en utilisant le terme de documencracy et hier soir je regardais Tout le monde en parle où le journaliste Roger Auque confirmait qu’il ne pouvait plus faire son métier dans certains endroits très à risques comme l’Irak.
Je pense qu’il faut sortir du cadre réducteur journaliste rvs blogueur que je trouve très réducteur. Ce qui compte pour le « consommateur d’info » c’est d’accéder à la racine. Le reste ce sont souvent des intérêts économiques qui finalement font du tort à la vrai info.
En complément http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=6989