Une des plus belles voix de l’humanité s’est éteinte hier quand Luciano Pavarotti a poussé son dernier souffle. Il y avait des ténors et il y avait Pavarotti.
Mon père sifflotait toujours un air quand il était un peu distrait. Je ne savais pas que c’était Nessun dorma jusqu’à ce que, pour la première fois, j’ai entendu ce morceau magnifique à la radio. J’étais dans ma voiture sur l’autoroute; mon père était décédé depuis quelques années déjà. J’ai reconnu l’air dès la première mesure. J’ai arrêté ma voiture et j’ai, pendant les trois minutes de la pièce, eu une relation directe avec mon père. Je n’oublierai jamais cet épisode et c’est pourquoi je remercie Pavarotti de m’avoir donné ce petit bonheur.
J’avais des billets pour le dernier spectacle du ténor à Montréal, qui a malheureusement été annulé, mais j’ai eu presqu’autant d’émotion à l’entendre à la télévision lors du spectacle de clôture des Jeux de Turino.
Aujourd’hui, je chante Nessun dorma tous les soirs à mes filles qui rient bien de mon accent italien emprunté et de mon faux talent de chanteur.
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