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Chronique cubaine – partie 6 et finale

Toute bonne chose ayant une fin, nous nous sommes levés – péniblement – aux aurores pour terminer les derniers préparatifs de départ et filer déjeuner au buffet une dernière fois. Votre humble serviteur ayant encore les relents de cigares et autres excès oraux de travers, il opta pour un simple jus d’orange et quelques bouchées de pain. La veille semblait bien actuelle…

Petite commotion inutile: lors du check out, on nous annonce qu’il manque une serviette de bain dans notre chambre. Je parle d’une serviette blanche, très ordinaire, qui malgré tous ses efforts immaculés n’arrivait pas à me ceinturer la pudeur. Le genre en solde à 2,99$ chez Walmart en fin de saison, fin de ligne, fin des haricots. La femme de qui je suis le second fulmine; ça sent l’arnaque, ça sent le “on veut se faire quelques pesos de plus avant votre départ, suckers!” Le réflexe d’Amoureuse est le bon: elle s’en va fumer une cigarette et me laisse traiter l’affaire.

Habituellement, je m’en serais foutu. J’aurais protesté pour la forme, puis, voyant la futilité de l’acte et le ridicule de la somme, j’aurais lancé quelques pesos de manière condescendante sur le comptoir de granit. Que nenni! Le mal de tête s’est transfiguré en “je m’en vais te la faire ravaler ta serviette, poufiasse!” et la suite sera censurée. Mais non… Ma bonne vieille méthode de la gentillesse, la politesse et surtout le leadership dans la parole ont vite mis la gérante de mon bord qui d’un clin d’oeil troublant me fit comprendre qu’elle avait lu dans le jeu tartuffé de son employée et elle me souhaita un excellent voyage en me faisant promettre de revenir bientôt. Je n’avais pas pris la serviette.

Nous savions que nous n’allions pas revoir Jean et Sylvain ni Natacha et Jean-Marc de si bonne heure. Nous avions des doutes sur Dinde et Grenade cependant. Leur prestation acrobatique de la veille avait toutes les apparences des va-tout de la fin. Comme j’aimerais avoir plus souvent tort…

Petit groupe de personnes qui quittent ce matin dans le lobby. Dinde et Grenade font des adieux bruyants à qui mieux mieux. Un seul autobus arrive, assez grand pour prendre tout le monde, y compris la volaille et le surplus d’armée. La poisse: elles s’assoient juste derrière nous avec Fabio qui n’a pas encore compris que c’était la veille qu’il fallait faire son move… À moins qu’il envisage sournoisement une adhésion possible au Mile High Club… Il a oublié de calculer que Dinde et lui dans une toilette d’avion, ça relève certainement d’au moins 3 records Guiness différents que je vous laisse deviner.

À mi chemin d’un trajet de 90 minutes, Grenade se transforme en tank et exulte des sons de ronronnements mécaniques qui compétitionnent avec le moteur de notre autobus. Par deux fois, je me suis passé la main derrière la tête pour m’assurer de ne pas emporter de liquide à bord de l’avion.

Tout se passe bien à l’aéroport. Nous payons la taxe des touristes et filons au Duty Free constater que notre gageure de prendre les cigares là était la bonne. Un huitième du prix de l’hôtel. Kaching! Et hop les Roméo & Juliette no 2!

Je vous ai peut-être dit que la taille des jambes d’Amoureuse et les miennes prescrivent d’office la classe Club. Oh ces jambes infinies qui… bon je m’égare. Nous avions réservé notre voyage en classe Club pour l’aller, mais on nous avait dit que c’était impossible de revenir de la sorte parce qu’un autre couple avait déjà réservé les deux seuls sièges restants, probablement un couple qui est dans un forfait deux semaines et qui revient en même temps que nous. Well, karma sucks! Je vous le donne en mille: Dinde et Grenade sont à notre place en classe Club. Ha! les autres noms agricoles qui me viennent en tête…

Fidèle à mon habitude, je dors déjà au décollage. Je me réveille au dessus de ce qui semble être une belle plage blanche bordée de… sapins! C’est de la neige ! Amoureuse pleure déjà d’angoisse post-vacances, je pense à mon entrée à pelleter, l’agent de bord, visiblement jaloux et de mauvaise foi nous dit qu’il a neigé toute la semaine et que c’est l’horreur en ville. Il disait vrai.

Trois heures plus tard, nous sommes à la maison. Les plantes se sont ennuyées, mais tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Facebook nous connecte avec Jean et Sylvain. Natacha et Jean-Marc s’y joignent plus tard. Nous avons gagné des amis et plein de belles histoires à raconter… comme je viens de le faire pour vous. Et pour ceux qui le réclament, non, nous n’avons pas de photo de Dinde et Grenade. :)

Nos photos sont ici.

Posted in Chronique, Perso.

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2 Responses

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  1. Amoureuse says

    Et pour ceux qui en redemandent encore, notre prochain voyage est pour bientôt, ne désespérez pas. De plus, je me suis donné comme objectif de capturer en images les prochains sujets de ces fameuses chroniques. Alors à suivre…

  2. Bassecourt says

    oufff ! il y a tellement d’émotions, que j’ai peine a garder mes larmes. Dire que Dr. Dinde ou bedon Grenade ne le sauront jamais…

    Dois-je débuter un «avis de recherche» ?



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