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Et si Quebecor avait raison?

Je sais, je marche sur des oeufs. Oui, j’ai des chums au Journal de Montréal. Des syndiqués et des cadres. Je sais, je ne serai pas populaire…

Mais nous, qui prônons l’émergence du numérique et qui annonçons la fin des médias traditionnels, ne devrions-nous pas comprendre le geste d’une corporation d’essayer d’assainir ses opérations? Les mêmes opérations que nous jugeons trop lourdes et dépassées pour survivre dans le paradigme du Net.

Je pose la question pour que nous nous sortions la tête du sable. L’industrie des médias est en crise. Il va bien falloir que quelqu’un fasse quelque chose, non? Sauvage la méthode PKP? Avez-vous déjà vu un chirurgien tenter d’enlever une tumeur cancéreuse sans un minimum de boucherie? Nous ne sommes plus à l’étape des aspirines, hélas!

D’aucun me diront qu’on pourrait transformer le Journal de Montréal et le faire passer au numérique. Soit! Mais pas avec n’importe qui. Il faut d’autres types de talents pour ça et le syndicat sera dans les jambes de par son essence même.

C’est plate, mais les business appartiennent aux boss… La survie de la business prime à tous égards dans leur esprit. Cela dit, je crois qu’il faut un véritable partenariat Employeur-Syndicat pour que ça marche… À ce compte, on peut douter de la bonne foi… des deux parties, historiquement.

Posted in Général.


10 Responses

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  1. Dominic says

    Nulle doute que Québécor veut une meilleure présence sur le web pour ses journaux. Les choses ne bougent pas vite. Pourquoi? Surement parce que certaines personnes ne veulent pas s’adapter au monde d’aujourd’hui! Leur présence web est essentiel s’ils veulent espèrer survivre.

    “À ce compte, on peut douter de la bonne foi… des deux parties, historiquement.” – Entièrement d’accord.

  2. Claude says

    PKP voit venir le problème est l’attaque de front.

    Qu’est-ce qui est dans le fond le plus dommageable pour les employés ?

    A) Avoir un employeur qui vous dit la vérité, que votre produit doit évoluer s’il ne veut pas se planter, qui vous met en look out car il veut faire bouger les choses mais qui ultimement a une vision (que vous la partagiez ou non) de ce que devraient être les choses à moyen et à court terme. On peut reprocher bien des choses à Quebecor mais certainement pas le fait de ne pas avoir de plan. Leur plan est clair et personne ne s’en cache.

    B) Avoir un employeur – gentil gentil – qui continue à vous sourire chaque matin – qui sait que son produit s’en va vers le fond mais qui n’a aucune idée comment s’y prendre. Le réveil sera beaucoup plus brutal qu’un lock out et quelques pertes d’emplois car ce sera tout simplement la fin, sans possiblité de retour.

  3. nicolas égré says

    Mouais… Comme réflexion humaniste, on a déjà vu mieux… Si la business appartient aux boss, il reste que leur richesse repose sur leur main-d’oeuvre. Et pour ce qui est de la survie de la presse écrite (ou de sa nécessité), elle ne fait pas de doute dans mon esprit, bien qu’elle doive de toute évidence s’adapter au numérique. D’ailleurs, la mort annoncée d’un média de masse est un classique de l’histoire des communications : la presse a eu peur que la radio ne la fasse mourir, on a cru que la télé ferait de même avec la radio, et maintenant, depuis l’avènement d’internet, on annonce la mort des trois premiers… Et c’est sans parler du livre. En somme, les médias se complètent les uns les autres, car leurs langages diffèrent : “la radio raconte, la télévision montre, la presse explique”, pour paraphraser je ne sais plus qui. Que les journalistes se défendent!

  4. Gilles Dauphin says

    Félicitations pour avoir soulevé le débat (et ce seront les seules fleurs que je te lancerai ;-) , voilà donc mes briques … au débat.

    “Mais nous, qui prônons l’émergence du numérique et qui annonçons la fin des médias traditionnels, ”
    > Depuis quand prôner l’émergence du numérique signifie-t-il la “fin” des médias traditionnels ? La radio n’a pas marqué la “fin” des journaux, la TV n’a pas marqué la “fin” de la radio. Ils ont plutôt re-centrer les niches de chacun et le monde a eu accès une plus grande diversité.

    “ne devrions-nous pas comprendre le geste d’une corporation d’essayer d’assainir ses opérations? … Sauvage la méthode PKP? Avez-vous déjà vu un chirurgien tenter d’enlever une tumeur cancéreuse sans un minimum de boucherie?
    > En faisant appel à des briseurs de grève et à des moyens jugés illégaux par le Tribunal du travail. Désolé, je comprends que monsieur Péladeau n’avait pas besoin d’y recourrir et que pour PKP, la fin semble justifier les moyens ; mais encore faut-il que ces moyens soient légaux (et là, je ne parle même pas de légitimité). BTW ça se mesure comment un “minimum de boucherie” ?

    “Il faut d’autres types de talents pour ça et le syndicat sera dans les jambes de par son essence même.”
    > Curieux monsieur Péladeau avait su s’en accommoder et faire en sorte que, même avec un syndicat dans les jambes, il a fait du JdM le journal le plus lu. Si tu me réponds qu’il faut de la flexibilité, je te répondrai; “Oui mais pourquoi faut-il que cela signifie congédier un photographe et exiger qu’un journaliste prenne les photos et tout ça pour moins cher ?

    “C’est plate, mais les business appartiennent aux boss…”
    > C’est quand ils oublient que c’est avec et grâce à leurs employés qu’ils font de l’argent que ça devient plate. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une légende urbaine, monsieur Péladeau a déjà déclaré à son représentant syndical à peu près ceci: “Vous allez avoir les meilleures conditions de travail à Montréal et vous allez me faire le meilleur et le plus rentable journal de Montréal”. Et devines ce qui est arrivé malgré le syndicat, malgré des salaires plus élevés que partout ailleurs…

    Dans le fond je me demande :
    - Pourquoi faut-il que travailler pour le web soit équivalent à travailler pour moins cher ? Si ça coûte moins cher de publier sur le web, ça veut dire qu’il reste plus d’argent pour ceux zécelles qui produisent le contenu. Non ?
    - Quand tu écris qu’on ne peut faire passer le Journal de Montréal au numérique avec “n’importe qui”. Tu pourrais être plus précis ? Tes critères de sélection sont ou seraient lesquels pour identifier les n’importe qui ?

    En toute amitié (du style Les grands, on les frappe plus fort ;-)

  5. jean philippe says

    Quel sujet brûlant, la question doit elle se poser en terme des bons et du gentil ou des gentils et du méchant, je ne suis pas si sûre.

    Nous parlons ici de la physionomie d’une société, avec ses nantis, sa classe moyenne, ses ouvriers et ses exclus. L’industrie et le secteur manufacturier ont subi cette révolution de plein front avec une tendance baissière sur les prix, une pression sur les salaires et la nécessité afficher pour les employeurs de délocaliser afin de rester compétitifs.

    Un des principaux résultats est la paupérisation de la société, et le développement des centres commerciaux de type Wal Mart qui offre à des prix très bas des marchandises fabriquées hors du pays pour la plus grande part, marchandise qui étaient fabriquées avant par ces mêmes travailleurs qui ont perdu leur emploi du fait des précédentes délocalisations. Ces mêmes travailleurs qui font l’essentiel de la clientèle de ces centres du bas prix.

    C’est un peu comme si vous creusiez votre tombe à chaque fois que vous achetez quelque chose

    Le conflit au Journal de Montréal, même si je n’en connais pas l’ensemble des tenants et aboutissants, pose des questions qui vont bien au delà du simple bien être des syndiqués du journal. Quelle société voulons nous?
    Une société de consommateurs uniquement ou une société qui possède des ressources pour fabriquer, cultiver produire autre chose que des services.

    j’ai deux enfants et je me demande si j’ai envi de leur proposer deux alternatives:
    Walmart ou Cinq saisons

  6. cguy says

    Merci d’avoir répondu…
    Je répondrai un peu plus tard.

  7. cguy says

    Merci à tous les commentateurs, la suite de ma réflexion est ici:
    http://cguy.org/blog/2009/01/28/quebecor-la-suite/

  8. Nicolas Beaumont-Frenette says

    L’argument que la radio et la télévision n’ont pas tué la presse écrite est un argument qui ne tient pas, selon moi. La grande différence? La radio et la télévision proposent un produit fort différent de la presse écrite (on peut consulter notre journal quand on veut, et on les articles sont plus en profondeur). La structure de coût est également très différente. Le monde électronnique s’adresse au même marché que la presse écrite et élimine certains désavantages tout en coûtant beaucoup moins cher:

    Quelqu’un disait plus haut qu’en éliminant les coûts de production (impression et distribution, par exemple), ça devrait donner plus d’argent aux producteurs d’information de qualité. Ce n’est pas comme ça que ça se produit… ça devrait laisser autant d’argent aux producteurs d’information et le coût pour le consommateur va baisser.

    Je postule (et espère, en fait) donc qu’il est possible de faire vivre et de rémunérer convenablement des journalistes dans un monde totalement numérique. Je ne souhaite pas perdre la qualité de l’information, mais je souhaite qu’on se débarasse du gaspillage qu’est l’impression et la distribution de tonnes de papier.

Continuing the Discussion

  1. Fagstein » Journal de Montréal daily digest (with video!) linked to this post on 01/03/2009

    [...] Guy says that the newspaper industry is in crisis and Quebecor has to do something about it. He adds some rapid-fire comments in another post, [...]

  2. Quebecor: la suite… | blog.cguy.org linked to this post on 30/08/2009

    [...] Quelques sujets en vrac, glanés au fil des commentaires de mon précédent article… [...]



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