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Quebecor: la suite…

Quelques sujets en vrac, glanés au fil des commentaires de mon précédent article

Merci d’ailleurs à tous les commentateurs; c’était mon but de lancer la conversation.

1- Du rapport de force: ce qui se passe actuellement, c’est un bras de fer. C’est de la négociation. La négociation est un langage parfois sans orthographe. Je n’ai jamais approuvé le lock-out de QBR, je pose simplement la question qu’il y a peut-être un fond de vérité à vouloir changer le cours des choses actuelles. Qu’on ne me parle pas d’acquis. Certes, les travailleurs ont la douce et berçante idée qu’ils ont acquis des choses au cours des années. Well… Life sucks. Les temps changent. Si demain nous tombions en guerre mondiale, doublée d’une famine par manque de ressource, il faudrait bien qu’on change nos façons de faire, non? Alors voilà, dans son droit de gestion, PKP a peut-être raison de vouloir changer le cadre salarial de ses travailleurs. Je ne juge pas de ces méthodes… mais je ne juge pas de ses moyens non plus…

2- De la propriété fondamentale de l’entreprise: les business appartiennent en droit et en équité aux patrons et/ou aux actionnaires. Les employés sont des travailleurs rémunérés pour un effort. C’est plate, mais c’est de même. Bon, cela dit, je suis un fervent partisan d’un partenariat sain employeurs-employés. Je crois qu’il n’est pas possible de faire croître une business sans cela. Encore une fois, je ne juge pas les méthodes de PKP, ma question demeure de la nécessité probable de donner un grand coup pour procéder à un virage.

3- De la fin des médias traditionnels: il est vrai que l’émergence du numérique n’entraîne pas nécessairement la disparition des médias traditionnels. Mais le phénomène de cause à effet en marche actuellement fera que le modèle de revenus, essentiellement publicitaire, opérera une translation vers le numérique et c’est là que les trads seront dans le pétrin. Les entreprises qui sauront s’adapter auront de meilleures chances de survie. Sélection naturelle.

4- Du cheap labor numérique: là je dis non. Cependant, un bémol. Comme beaucoup de travailleurs du numériques sont plus jeunes, il n’ont pas eu la chance d’avoir connu plusieurs “négociations syndicales” en leur faveur. Ils partent plus bas dans l’échelle… Cela dit, je crois qu’on peut faire aujourd’hui beaucoup plus avec beaucoup moins. Ergo, on devrait niveler les salaires par le haut, mais couper le bois mort ou mourrant. Syndicalement, c’est inacceptable, je sais bien… Mais c’est Spock qui a raison: “le bien du plus grand nombre l’emporte sur le bien d’un seul…”

5- De Quebecor en particulier, mais des médias en général: certes, nous parlons de Quebecor, une entreprise que le Tribunal du travail a déjà condamné, une entreprise qui a la réputation de casser des gueules. Mais ma question est plus fondamentale, à savoir, comment les entreprises de médias pourront s’adapter pour survivre? Et c’est pour cela que je me demande si Quebecor n’a pas, peut-être, un peu raison… J’arrive de chez Transcontinental et c’est pas mieux. La vision en moins cependant!

PS. J’aime beaucoup Rue Frontenac. Je crois que cela montre toute la souplesse, l’agilité et le potentiel des médias numériques. J’en parlerai dans mon prochain article.

Posted in Général.


3 Responses

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  1. Daniel Dubrûle says

    Salut Chrystian,

    Belle réflexion sur ton blogue. Je me permets, tel que je te l’ai annoncé hier, d’ajouter ma pierre à l’édifice.

    Belle réflexion je disais, mais qui comporte certains vices de forme. Sur Facebook, notamment, tu mentionnes qu’il s’agit d’un questionnement de ta part et que tu ne prends aucune prise de position. Malheureusement, ton argumentation est basée sur une série de positions et de préjugés qui peuvent miner ton questionnement.

    Et si Quebecor avait raison, demandes-tu? Dans ce conflit, Quebecor n’a pas raison, mais cela ne veut pas dire qu’il a tort.

    Parlons franchement, j’ai un orteil dans le processus syndical actuel. Je dis un orteil pour faire image, avec mon background je ne suis pas très loin des différentes instances syndicales de la CSN (mais je suis très loin d’être un « initié ») et par mon statut de syndiqué à La Presse je regarde avec intérêt ce qui se passe sur la rue Frontenac (dehors comme sur le web).

    Tu pars du constat que les syndicats seront par définition un frein à l’innovation et au renouvellement d’une entreprise, voire d’un secteur d’activités. Je n’en suis pas sûr. Parler de syndicat dépersonnalise le débat et évite de parler des personnes qui en sont membres. Je parlerai des syndiqués. Des gens qui ne sont pas « par définition historique » en opposition avec les chefs d’entreprises. Des gens qui voient les tendances et qui sont sans doute prêts à s’adapter pour aborder des virages importants qui concernent leurs emplois.

    À La Presse / Cyberpresse, la transition a et aura lieu. Elle a été négociée âprement, mais respectueusement par les deux parties. Négociations qui ont été lancées deux ans avant l’échéance de la convention collective à la suggestion du syndicat. Le préjugé de l’organisation sans vision et immobiliste en prend pour son grade ici.

    La négociation s’est terminée avec des compromis de part et d’autre. Les syndiqués ont pu baliser la façon qu’ils auront à contribuer à Cyberpresse, mais ils ont accepté d’y participer. Il n’y a personne chez les journalistes qui veulent manquer ce rendez-vous.

    Tu parles de ruefrontenac.com. Et tu as raison, c’est la preuve de la pertinence de l’information Web. C’est aussi, je suppose, la réponse du bureau syndical pour démontrer qu’ils sont prêts à aller sur l’internet eux aussi et qu’ils ont une vision pour l’avenir. Tout ça pour saper un peu le discours patronal et, disons-le, occuper tous ces journalistes désœuvrés.

    Alors, voilà. Ce fut long, mais je crois que, en ce qui concerne les nouveaux médias, le web, la numérisation et tout ça, les syndicats de journalistes et d’employés de journaux ne sont pas composés de gens dénués d’ouverture et de vision.

    Je pourrais écrire plus longuement encore, car je constate que je ne me suis attardé que sur un point. Je pourrais écrire plus longuement, mais ça embêterait tout le monde… et je livrerais mon commentaire dans trois jours!

    Peut-être qu’une autre fois, on (re)parlera de l’avenir du journal imprimé. Pour ma part, j’y crois toujours. Il va se modifier, mais il ne disparaîtra pas totalement. Suffit de lire La Presse régulièrement pour constater toutes les explorations (visuelles, journalistiques, graphiques) qui s’y font récemment.

    Amitiés,

    Daniel Dubrûle

  2. Marc Gosselin says

    Je ne veux pas revenir sur les arguments avancés par Chrystian. Par contre, comme Daniel, voici ma courte contribution pour faire progresser le débat.

    Dans le fond, le véritable enjeu n’est pas de savoir si les membres du STIJM sont pour ou contre le Web – comme on l’a senti lors du lock-out au Journal de Québec, mais plutôt de savoir quel genre de contribution sur le Web ils souhaitent.

    D’entrée de jeu, je comprends les griefs du STIJM contre la méthode Quebecor. Le modèle de convergence, tel que proposé, ne vise pas à mieux informer le citoyen, mais juste à faire circuler la même information partout, sur toutes les plateformes. C’était bien drôle avec Star Académie, il y a cinq ans. Ce l’est moins aujourd’hui. À terme, on retrouvera la même boulechite dans tous les titres du groupe. Ils sont nombreux, serais-je tenté d’ajouter.

    De plus, les lock-outés du JdeM ont raison de ne pas vouloir d’un site Web où leur contribution sera noyée dans Canoe. Personnellement, pour une raison que je n’arrive pas à expliquer, c’est un des portails que j’aime le moins. À l’autre bout du spectre, je trouve Cyberpresse utile, fonctionnel et complet.

    Dans le cas du STIJM, leur première bonne décision a été de se lancer dans le Web, de ne pas reproduire ce que les syndiqués du JdeQ ont fait lors de leur lock-out, l’an dernier : lancer un journal gratuit. Coûteux et, surtout, deux joueurs, dont Quebecor, occupent déjà le marché.

    Pour les intéressés, je vous suggère de réécouter la discussion entre plusieurs journalistes, hier, à l’émission Christiane Charette. Une discussion éclairante, même si nous ne connaissons pas encore le modèle d’entreprise des journaux dans 10 ans.

    Merci,

    Marc Gosselin

  3. Daniel Dubrûle says

    Salut Chrystian,

    J’ai un exemple ici tiré de Cyberpresse qui fait la preuve que des journalistes syndiqués peuvent très bien prendre le virage vers le web dans le cadre d’une entente négociée de bonne foi entre les partis.

    http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/justice-et-faits-divers/200902/12/01-826506-les-policiers-frappent-les-hells-angels.php

    Du beau travail collectif. De l’écrit, de la vidéo. Des updates réguliers.

    Si c’est le genre de travail qu’on va faire à l’avenir, je suis pour à 100%.

    Je te rappelle qu’à La Presse, c’est le syndicat qui a pris l’initiative de lancer les discussions sur le virage web. Comme quoi…



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