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Confidence d’un rejet qui a trouvé sa voie…

Je suis un nerd. Un geek. Un premier de classe.

J’ai été un rejet à l’école… à quelques occasions.

Mais j’ai fréquenté d’excellentes écoles. Louis-Hippolyte-Lafontaine, sur le Plateau à Montréal dans les années ‘70. Bons profs. Discipline de fer et des élèves qui ont encore un peu peur des profs… Ensuite, Collège de Montréal, premier de classe oblige ou plutôt permet. Encore une fois, discipline de fer, mais encadrement sulpicien surtout. J’étais pauvre, mes confrères étaient riches pour la plupart… Rejet de classe sociale…

Pauvre, j’ai manqué de beaucoup de choses, mais jamais d’amour. C’est peut-être ce qui m’a permis de grandir droit.

J’ai rapidement développé les aptitudes qui m’ont ensuite servi toute ma vie: le charisme, le charme et l’art du levier ou de la négociation. J’ai aidé des élèves à tricher, j’ai fait des devoirs pour eux, j’organisais les deals dans la cours… Bref, je me rendais utile. J’ai toujours été un connecteur… Si quelque chose se tramait, je le savais. On venait me voir pour des informations. J’avais surtout accès aux adultes de par ma nature et mon rang de premier de classe. Ça aussi, ça se monnaye!

Je n’ai jamais été cool. Jamais été dans le coup. Mais je rejetais les groupes, alors je n’en souffrais pas tellement. Quelqu’un a dit de moi à la fin du secondaire: “C’est un nerd sans la nerdise; il n’est dans aucun groupe, mais il sait parler à tout le monde.” Il avait raison. Comme quoi dans le leader d’aujourd’hui, il y a un gamin qui a peur de se faire péter la gueule.

Mais des rejets, il y en avait d’autres. Et même si j’ai parfois reçu quelques baffes pour m’être interposé, il y en a pour qui le secondaire a été un enfer. Et, il y a bien des occasions où j’ai fermé ma gueule aussi. C’était au profs d’intervenir et ils le faisaient, la plupart du temps, les plus passionnés en tout cas. La passion… c’est bien ce qui manque aujourd’hui dans les écoles…

À David, parce que c’est de lui qu’on parle aujourd’hui dans les journaux, je dis: “Appelle-moi qu’on aille prendre un Pepsi mon grand. Je ne te ferai pas de promesses. Life sucks. Mais elle vaut la peine d’être vécu la vie.”

À mes rejets à moi, ceux que je n’ai pas pu défendre dans mon temps, je vais enfin faire amende honorable, pour mémoire.

Nathalie Henley
Gilles V.
Daniel D.
Étienne Kovacs
Pierre Viger

J’espère que vous êtes heureux. Je le suis. Mon offre pour le Pepsi tient aussi pour vous.

Posted in Chronique, Perso.


5 Responses

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  1. Normand Miron says

    J’étais tellement reject que je ridiculisais les rejects. Moi, j’étais le gars cool, même si dans ma peau, je me sentais pas ainsi.

    Heureusement qu’on a le reste de notre vie pour se reprendre pour nos bêtises de notre étape beta…

    Y en n’aura pas de facile…

    Love ya David.

    peace

  2. Kim Auclair says

    Chrystian, je trouve ton billet très sincère. C’est touchant.

    La disparition de David m’a, moi aussi, rappelé quelques mauvais souvenirs. Entre autres à quels points les gens pouvaient être stupides de se moquer du fait que je suis malentendante d’une oreille de naissance.

  3. Kim Auclair says

    En passant toute cette histoire me fait penser la comédie The Bernchwarmers (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=109409.html) qui fait référence justement aux rejets…

  4. Pollus says

    Heille, moi aussi j’étais rejet et je me rappelle d’Étienne Kovaks ! Je me disais qu’au moins, il existait plusieurs niveaux de rejet du genre un peu rejeté et beaucoup rejeté. Étienne appartenait à la seconde catégorie. La fois ou je l’ai niaisé, je m’en suis voulu longtemps parce que ça ne me permettais pas de me sentir moins rejet. Je devenais simplement le mouton qui bêlait lorsque le troupeau bêlait. Les enfants sont méchants parce qu’ils sont ignorants.

    À tous ceux qui ont connu Étienne, je vous propose d’aller louer le film en souvenir d’Étienne. C’est l’histoire d’un enfant qui souffre d’autisme. C’est un film touchant et criant d’émotions qui nous permet de vivre durant presque 2 heures dans la peau d’un adolescent autiste au secondaire.

  5. Yul-mtl says

    Il y a quelques jours, le sujet de l’intimidation à l’école a pris une ampleur jamais vue au Québec, dans les blogues, dans les forums, dans les sites de commentaires des médias. Je suis certain que ç’a contribué à changer la perception des gens en ce sens qu’on a pris conscience que c’est un problème plus grave qu’on pensait. On s’est sensibilisé à cette réalité odieuse qui ferait souffrir au moins 10% des étudiants Québecois. Le jeune David Fortin d’Alma aurait fugué parce qu’il en pouvait plus de subir intimidation, humiliation, harcèlement. De ses 14 ans aurait-il fugué pour déclencher une campagne médiatique de réflexion sur ce phénomène ? À la fin d’une entrevue donnée à Denis Lévesque, de LCN, le père de David évoquait cette possibilité. Si c’est le cas, il est temps qu’il rentre au bercail pour relancer cette campagne. Il est temps qu’il contacte Claude Poirier, Paul Arcand ou un autre journaliste bien connu. Qu’il donne des entrevues, qu’il écrive dans un forum, qu’il se manifeste publiquement. Par exemple, il y a présentement un sujet d’ouvert dans le forum des Cowboys Fringuants. “Intimider, taxer, exclure, harceler, écoeurer” que ça s’appelle. Le sujet s’essouffle présentement. Il pourrait le faire dans le présent site aussi. David pourrait y exprimer son écoeurement envers la société qui n’a pas été capable de le protéger. On est prêt à recevoir son message même si ça va faire mal à entendre. Si par contre, David Fortin ne veut plus rien savoir de cette société, on comprendrait qu’il rentre chez lui et qu’on lui fiche la paix. Si c’est son souhait, on devrait être des centaines à tout faire ce qu’on peut pour le protéger des vautours des médias. Par contre, nous devrions continuer de réclamer des députés et des commissaires d’école que davantage soit fait pour diminuer le plus possible cette triste réalité de l’intimidation à l’école.



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