Saison morte

November 9, 2011  by Chrystian Guy  •  Chrystian Guy

En voyant ce parc de baseball inondé par l’automne, je me suis souvenu des mots du poète Francis Ponge:

[…] La terre dans les airs parmi les autres astres reprend son air
sérieux. Sa partie éclairée est plus étroite, infiltrée de vallées
d’ombres. Ses chaussures, comme celles d’un vagabond,
s’imprègnent d’eau et font de la musique.

Dans cette grenouillerie, cette amphibiguïté salubre, tout
reprend forces, saute de pierre en pierre et change de pré. Les
ruisseaux se multiplient.

Voilà ce qui s’appelle un beau nettoyage, et qui ne respecte pas
les conventions! Habillé comme nu, trempé jusqu’aux os. […]

— La fin de l’automne

Enfant, j’ai joué au baseball comme on va à l’école; par convention, parce que tous les garçons le font. Je n’étais pas très doué. Je ne me souviens pas avoir eu plus de plaisir que le jour où nous avions profité de la pluie pour nous amuser à glisser dans la boue, comme des otaries sur la glace. Désacralisant nos uniformes un peu guindés pour le sport et retrouvant le pur plaisir de ne pas suivre les règles. Inventant notre propre jeu.

La saison morte est une occasion de se réinventer.

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