Mon coeur mis à nu

November 16, 2011  by Chrystian Guy  •  Chrystian Guy

J’emprunte à Baudelaire ce titre qu’il avait lui même utilisé pour rassembler quelques écrits autobiographiques ou d’opinion sur une multitude de sujets; un peu comme je le fais dans ce blog.

“Le premier venu, pourvu qu’il sache amuser, a le droit de parler de lui-même.”
Mon coeur mis à nu, Charles Baudelaire

Mon quarantième anniversaire aura surtout marqué la fin de la trentaine. Quarante-et-un est le véritable début de la quarantaine. C’est aujourd’hui…

Comme cet arbre qui a perdu un bras pour dévoiler son coeur, je me sens paradoxalement moins vulnérable à nu, amputé de mes défenses. Vaincre les épreuves qui ont miné la fin de ma trentaine m’aura rendu plus serein. Je ne dis pas plus fort, je ne le sais pas encore.

On ne meure pas toujours des choses qu’on nous enlève, même importantes, même celles que l’on croyait vitales. On ne grandit pas toujours des choses que l’on nous offre…

Je me souviens d’une courte fable:

Par une froide journée d’hiver, un oisillon trop jeune encore pour voler par lui même tomba de son nid dans le pâturage d’un boeuf qui, ne remarquant même pas le volatile, déféqua largement sur son dos. L’oisillon, dégouté, pesta contre le boeuf, ne se rendant même pas compte de son nouveau confort chaleureux.

Un renard qui passa par là aperçu le pauvre oiseaux tout couvert de cette humiliant fumier. Après quelques coups de patte précis, il réussit à sortir l’oisillon de sa prison puante. Et le mangea tout cru.

La morale. Ce n’est pas celui qui te met dans la merde qui te veut nécessaire du mal et ce n’est pas celui qui t’en sort qui te veut toujours du bien.

 

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