Ces mondes que nous fabriquons

December 7, 2011  by Chrystian Guy  •  Chrystian Guy

Le jeu est une façon pour l’Humain de se sortir du réel. L’épuration des passions par l’assouvissement des désirs refoulés; la catharsis d’une transposition du réel dans un ailleurs rêvé.

La popularité des réseaux sociaux numériques nous renvoi à deux idées sur l’Humain: un animal grégaire et son caractère ludique. Deux usages principaux de ces réseaux sociaux tendent à appuyer ma thèse: l’hyper socialisation qui devient à certains égards presque une forme de compétition sur le nombre d’amis que l’on puisse accumuler et le déplacement quasi immédiat des actions vers les fonctions de jeu de ces espaces numériques.

Parmi ces jeux, les plus populaires sont semble-t-il ceux qui proposent à l’utilisateur de créer des mondes: Cityville, Farmville et Castleville pour n’en nommer que quelques-uns. Le désir de l’Humain de se sortir du réel trouve un écho dans des jeux simples, faciles à appréhender et surtout répétitifs au point de faire oublier un quotidien blasant. Et, au final, ces jeux que l’on dit sociaux sont moins des vecteurs de socialisation que d’enfermement onirique.

Suivant l’aphorisme de Marx, après la religion, les jeux sociaux sont-ils en voie de devenir l’opium du peuple? Quel beau paradoxe que d’exacerber un sentiment narcissique ou mégalomane par des jeux qui étaient supposés valoriser la socialisation…

Je ne juge pas, j’observe.

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