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Chronique dominicaine – partie 2

Moïse.

Moïse est un ange. Comme le prophète des trois grandes religions monothéistes, il a l’art de réconcilier les gens, les idées, les cultures. Moïse est un séducteur. Il a l’art du négoce. Moïse sait des choses… Si je devais fuir Pharaon et traverser une mer à pieds, je préfèrerais l’avoir de mon bord.

À la petite boutique de l’hôtel, Moïse opère les transactions d’initiés. Un empire dans l’empire. Comme je disais, Moïse sait des choses. Il connait des gens aussi. Il accueille les touristes dans au moins 4 langues, mais je suis certains que pour quelques billets, il les parlent toutes. Il maîtrise le français, ce qui trahit, avec le foncé de sa peau, ses humbles origines haïtiennes.

En 2007, il avait rendu nos vacances encore plus agréables par de judicieuses informations et surtout un indice des prix indexé par le facteur “bikini” d’Amoureuse. Paradoxal comment l’inflation de certains organes fasse chuter les prix.

Mais hier, aucune trace de Moïse…

Bonheur matinal après le petit-déjeuner, alors qu’une ondée soudaine vint arroser la végétation et quelques autres légumes qui tentaient de fuir la pluie qui mouillait leurs maillots de bains (!) Moïse sortit calmement de son antre pour ranger les toiles peintes par les artistes locaux. Lentement, avec une certaine noblesse dans le geste. A gentleman will walk but never run… son sourire galvanisé par une assurance contagieuse.

- Chéri, regarde, nous sommes sauvés, me lance Amoureuse déjà excitée… Moïse est toujours là!

Nous sommes allés présenter nos respects au maître des lieux. Il nous a reconnu comme il reconnait des milliers d’autres visiteurs, mais les seins d’Amoureuse qui le dévisageaient ont dû finir de lui rafraîchir la mémoire…

Ecce homo! Nos vacances seront bénies. Cet après-midi, le bikini d’Amoureuse fera chuter les cours du marché. Notre courtier est là.

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Chronique dominicaine – partie 1

Cette année encore, Amoureuse et moi avons décidé de faire le voyage avec les outardes et de descendre à des latitudes plus clémentes sur l’échelle centigrade. Retour aux sources de notre amour tropical: Punta Cana.

Grosse déception organisationnelle cependant puisque Transat n’offre plus le forfait et nous avons donc dû faire confiance à Sun Wing. De la merde. Vraiment.

Vol de merde. Escale imprévue de merde. Accueil de merde. Taxes bidons de merde. Autobus de merde. Bref, la tourista avant même d’avoir pris le premier drink…

Mais le personnel de l’hôtel n’est pas associé à Sun Wing… Ici, on est à la maison! Nonobstant l’enculé du cigar shop qui voulait nous faire croire qu’un Santa Ana Corona fait ici même dans une shed de tôle humide drette à côté de l’arbre qui a donné ses feuilles coûte 3 fois plus cher qu’à Montréal et sans compter la danseuse d’ébène aux bonnets d’or et à la ficelle bisectrice de la faille galbée bien timide – je parle toujours de la ficelle – qui a voulu tâtonner Amoureuse pendant que je la tâtonnais moi-même le temps d’une photo, nous retrouvons nos marques et commençons à entrer en mode vacances.

Il ne manque qu’une chose à notre bonheur: Moïse.

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Travaux en cours…

Attention! Attention!

Refonte majeure du blog en cours… Il se peut que des choses soient défectueuses… Excusez les travaux!

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Vie et mort d’un oiseau

Ceci est une histoire triste. C’est aussi le récit d’un espoir. Une anecdote qui semble mal finir, mais peut-être pas non plus.

Hier soir, petit souper en famille sur le patio. Soudain, un oiseau se pose sur la balustrade, tout près de nous, à distance de bras d’homme, mais surtout à distance de regard de petites filles émerveillées. La bête semble mal en point: le plumage ébouriffé, le regard las, quelques gouttelettes de sang sur le bec. Papa sait ce qui se passe. Nous avons un survivant devant nous.

Une inspection un peu plus rapprochée révèle une large blessure au cou de l’animal, la queue enfin est amputée de ses longues plumes habituelles. Titti a rencontré Sylvestre, mais il a réussi à s’échapper in extremis.

1… 2… 3… Papa pense vite. Ok, on va essayer de le sauver, au risque de causer une petite commotion s’il venait à mourir, mais, bon, Papa est un amant de la nature et voue un véritable culte à la vie (oui, il évite aussi de marcher sur les fourmis…). On monte la cage du chien, les filles préparent un bol d’eau et des miettes de pain, Annie s’affaire à capturer l’oiseau le plus délicatement possible, chose qu’elle réussit après seulement deux tentatives. Tout le monde applaudit!

Les filles partent chercher des brindilles, des fleurs pour faire beau et des branches pour faire un nid.

Papa les prépare au pire, mais annonce du même coup que nous avons tout fait pour le sauver, que nous avons agit sur ce que nous pouvions contrôler et que le reste ne nous appartenait plus. L’oiseau est encore debout, boit beaucoup et se réfugit dans le nid de branches de cèdre que nous avons composé du mieux que nous pouvions. Annabelle, du haut de ses cinq ans prépare un dessin pour Carolanne (c’est le nom de baptême de l’oiseau maintenant) et Elizabeth, avec la maturité de ses huit ans, pleure déjà de la tragédie possible.

Le soir est tristounet, mais on s’endort avec l’espoir d’avoir un nouveau locataire pour quelques jours, Du moins, c’est le plan puisque l’oiseau semble hors de danger et mange même un peu.

La nuit l’aura cependant emporté. Au petit matin, Papa se lève avant tout le monde pour constater l’état du survivant. Il ne l’est plus. La blessure, trop profonde. Papa cache le défunt du mieux qu’il peut pour le matin. On fera le deuil ce soir. Le ciel peut attendre. Le simulâcre est parfait.

Leçons à tirer. D’abord, la vie vaut la peine d’être préservée. Ce sera un enseignement sur la valeur de la vie, mais aussi une mise en perspective de la mort. Le chat, présumé, ne doit pas être perçu comme le bourreau dans cette histoire, toute naturelle. Elizabeth, anticipant le pire hier, a déjà compris que la vie est injuste. Papa l’a renforcé dans cette idée; ce sera un autre enseignement. Enfin, la tristesse est naturelle devant le spectacle de la mort, mais il ne faut pas s’en désoler pour autant.

Et ces mots de D. H. Lawrence me reviennent à l’esprit:

I never saw a wild thing sorry for itself.
A small bird will drop frozen dead from a bough
Without ever having felt sorry for itself.

Deux petits coeurs seront blessés, un peu, ce soir, mais grandiront du même coup. La grande idée derrière cet exercice est de montrer que malgré tous nos efforts, la conclusion est souvent hors de notre contrôle. Mais nous pouvons être fiers d’avoir tenté une action noble. C’est à l’aune de leurs actions que l’on mesure l’esprit des Hommes.

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Persévérance et amour

J’ai été extrêmement touché et ému par deux clips aperçus sur YouTube dernièrement.

D’abord la saga de Susan Boyle, cette écossaise de 47 ans à l’air un peu moche et rustre qui chante d’une voix d’ange une chanson qui parle de rêve et d’espoir.

Elle avait l’opinion de tout le monde contre elle et en 3 minutes elle a renversé la perception négative en opportunité incroyable.

Une belle histoire de négligée qui gagne au final.

Sa prestation est ici.

Mais aussi cette histoire d’un père qui, par amour pour son fils, décide de faire le triathlon Ironman avec lui. Son fils est un adulte lourdement handicapé et il doit le “traîner” avec lui!

YouTube Preview Image

C’est d’abord une histoire de persévérance, de détermination. Mais c’est aussi une histoire d’amour. Plus grande que la douleur.

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Le livre est-il un cul de sac?

J’ai des amis super intelligents… Ils écrivent des trucs qui me chavirent… Et certains, comme Daniel Paquet, ont écrit des choses dans le passé qui prennent encore plus de pertinence aujourd’hui.

La pensée humaine n’est pas innée. Elle s’est construite avec les outils disponibles au fil des temps: le langage, les mathématiques, le livre, la science. L’ordinateur est un nouvel outil, peut-être le plus achevé de tous. Comme nouveauté, il apporte des changements dans notre quotidien: traitement de texte, guichet automatique, scanneur au supermarché, mais plus encore, c’est sa capacité à structurer l’information qui aura l’impact le plus important. L’ordinateur offre à notre intelligence un nouveau modèle pour réfléchir.

C’est sa conclusion à un prologue qui questionne la pertinence du livre et, in extensio l’imprimé aujourd’hui. J’avancerai toutefois que même si l’ordinateur remodèle notre appropriation du monde, le livre, en particulier, demeure un vecteur pratique pour la diffusion des idées, ou du moins des écrits dignes d’être lus par les masses. Vecteur qui va de paire avec une version électronique qui permet un partage rapide, efficace et sans frontière (géographique, technologique et idéologique).

Si Gutenberg a trouvé le moyen d’accélérer la diffusion des écrits par un procédé mécanique, l’ordinateur aura d’abord poussé plus loin cette possibilité, mais il va plus loin en permettant d’organiser la pensé par l’agglomération des contenus et la possibilité, enfin, de chercher des informations dans un corpus immense et de trouver des réponses qualifiées en quelques nanosecondes

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