Bonne année 57!

January 1st, 2010

Je vous souhaite une bonne année 57. En effet, le nombre 2010 en base 3 est 57 en décimal, le système numérique que les mortels ordinaires ont universellement adopté. Mais ce ne fut pas toujours le cas. Par exemple, la douzaine que nous utilisons encore aujourd’hui est héritée d’un ancien système dodécadécimal préféré des anglo-saxons qui se retrouve encore dans le système de mesure des distances impérial: douze pouces dans un pieds. L’expression treize à la douzaine, elle, nous vient des boulangers féodaux qui devaient fournir le pain au poids – et non à l’unité – aux seigneurs et préféraient donc en ajouter un treizième pour être certains d’avoir le poids minimal requis.

Les babyloniens anciens utilisaient un système à base 60, ce qui nous a laissé les degrés (6×60=360) en géométrie pour les calculs du cercle et, surtout, notre système de calcul du temps qui est devenu un hybride entre la base 60 (minutes, secondes) et la base 12 (heures). L’année a ensuite été divisée en 12 mois (ce ne fut pas toujours le cas non plus), mais des considérations judéo-chrétiennes ont aussi été prises en compte, le nombre 12 étant significatif dans la numérologie biblique.

Mais revenons à notre nombre 57. Comme vous le savez peut-être, ce nombre est emblématique de la compagnie Heinz, fabricant du Ketchup le plus populaire, du moins en Amérique du Nord. L’histoire du slogan “57 Varieties” est plus simple qu’on le croit:

While riding a train in New York City in 1896, Henry Heinz saw a sign advertising 21 styles of shoes, which he thought was clever. Although Heinz was manufacturing more than 60 products at the time, Henry thought 57 was a lucky number. So, he began using the slogan ’57 Varieties’ in all his advertising. Today the company has more than 5,700 products around the globe, but still uses the magic number of ’57.’

Source: Wikipedia [EN]: http://en.wikipedia.org/wiki/Heinz_57

Ce sera donc une “année Ketchup” mes amis. Pour ceux et celles qui se souviennent de la vieille publicité de Heinz (version Québec): l’affaire est Ketchup! Et pour les français dans la salle, la traduction de cette expression est ici (dans les “L”): http://membres.lycos.fr/clo7/histoire/canada2.htm

Chronique dominicaine – Partie 8

December 28th, 2009

Notes en vrac.

Jacques Villeneuve a un sosie hollandais. Il est ici dans toute sa petitesse et avec ses fonds de bouteilles de nerd. Il porte surtout un speedo rayé aux couleurs de l’arc-en-ciel. Magnifique. Son épouse est la sosie d’Olive, celle que Popeye voudrait bien dénoyauter et… bon bah! rendu là autant l’écrire, fourrer d’un petit piment rouge.

Il a l’air d’un startup millionaire… doit faire dans le gaming… son épouse est un peu gourde. Pourrait être jolie avec un abonnement à Elle Amsterdam ou l’équivalent. Ils sont amoureux fous! Se bécottent tout le temps, se roulent dans le sable ensemble, s’embarquent lubriquement dessus dans la piscine, parlent en onomatopées débilitantes (non, ce n’est pas que je ne sais pas apprécier la beauté de leur langue de chien battu) et, tenez-vous bien, se font sécher en faisant la danse de canards. Je ne sais pas comment dire “Nathalie Simard est une has-been” en hollandais, mais il faudrait que quelqu’un le fasse…

Helmut a littéralement pris une hôtesse en otage ce matin. Visiblement, le langage non-verbal d’une hispanophone en détresse se traduit mal en teuton. Elle a dû se taper quinze minutes de cours de botanique tropicale en pseudo anglais. Il commence a avoir des airs de serial killer… je me méfie.

Chronique dominicaine – Partie 7

December 28th, 2009

Le destin aura voulu que je joue aux échecs anyway. Mais pas avec Helmut. C’est Moïse qui m’a demandé une leçon.

Je venais de faire un parallèle habile entre ce qu’il venait de me raconter et la légende de l’invention du jeu d’échecs. Pour ceux qui ne la connaisent pas, en voici un résumé.

Il y a fort longtemps, un roi s’ennuyait beaucoup et promit de l’or à quiconque lui apporterait de quoi chasser son mal de vivre. Or un inventeur lui proposa le jeu d’échecs. Le roi fut ravi et demanda à l’inventeur ce qu’il voulait en retour. L’homme répondit: “Du riz pour manger, seigneur”. Le roi pouffa de rire et ridiculisa le pauvre homme: “Je t’offre de l’or et tu réclames du riz? Quel imbécile! Je t’en donnerai du riz, tant que tu en veux…” Alors l’inventeur lui dit de poser un grain de riz sur la première case de l’échiquier, puis deux sur la deuxième, quatre sur la troisième et huit sur la quatrième, ainsi de suite, toujours en doublant à chaque case. Le roi, incrédule, ordonna que l’on exécute la maigre requête, fier de son coup. Quand les serviteurs vinrent le retrouver pour lui dire qu’il venait de donner toute la superficie de son immense royaume en grain de riz, le roi comprit qu’il venait d’être fait échec et mat.

Si vous doutez encore, sachez que 2 à la puissance 64 est une quantité énorme de grains!

Donc, après cette histoire, Moïse me demanda si je pouvais l’aider à jouer aux échecs. Amoureuse a dû voir l’étincelle dans mes yeux… On trouva un minuscule jeu en verre et on s’installa pour la leçon. J’ai enseigné les échecs longtemps et je le fais toujours de la même manière que celle par laquelle j’ai appris: par la fin. Mon maître d’échecs était aussi mon professeur de mathématiques. Cubain, il s’appelait Eloi Blanco. Il était d’une grande sagesse et son intelligence m’étonnait toujours. Il me disait, quand je m’efforçais d’apprendre des ouverture par coeur: “Rien ne sert de commencer la partie si tu ne sais pas comment la terminer.” Et il me sortait une leçon tirée du livre de José Raoul Capablanca, un très grand champion, Cubain lui aussi. Jamais je n’oublierai ces heures de leçons, ces moments de pure délectation intellectuelle, longtemps après la cloche qui annonçait la fin du dernier cours.

Aujourd’hui, plus de vingt ans plus tard, je refaisais les gestes d’Eloi, et je me suis rendu compte seulement maintenant que j’avais appris les échecs en espagnol. Les mots, mais aussi la philosophie du jeu ont été inculqués en moi par un Cubain qui me récitait les leçons d’un autre Cubain. Je sais qu’Eloi aimait son pays, mais il l’avait fuit depuis très longtemps. J’ose croire que l’espace d’un moment au moins, je lui ai rappelé les parties qu’il jouait avec son père sur une vieille table de bois usée dans un café tranquille de La Havane.

Aujourd’hui Moïse a ramené en moi le souvenir d’Eloi. Quand je disais que Moïse est un ange…

Chronique dominicaine – Partie 6

December 14th, 2009

Autres notes en vrac.

La confiance. Quand un gars qui sort de la piscine se place à deux pieds de l’urinoir, qu’il tient son engin d’une main ferme et qu’il en dépasse assez pour satisfaire n’importe quelle porn star, ce n’est plus de la confiance, c’est pousser l’audace à l’insulte. La confiance c’est se tenir à côté de lui et lui faire un clin d’oeil complice…

Cloé Nichole. Oui. La porn star que ceux de ma génération reconnaîtront est aujourd’hui à la retraite et… en vacances à Punta Cana. Après qu’elle se soit relevée, elle a laissé son empreinte sur sa serviette de plage… je l’ai nommé le Saint-Suaire de Punta Cana. Pour les curieux qui veulent des photos, sachez que même avec mon 300mm, je n’aurais pas assez d’avance pour fuir indéfiniment la brute qui l’accompagne. La confiance a ses limites…

Helmut. C’est le prénom affectueux que j’ai donné au loser de la semaine. Allemand qui comme la plupart des Allemands parle allemand. Ce qu’il a de particulier c’est son encéphale disproportionné qui donne l’impression que ses 180 de QI avaient besoin de plus de place. Je dirais ingénieur pour rester dans le cliché teuton ou encore astrophysicien. Il voyage seul. Donc il déjeune seul, dîne seul, soupe seul, boit seul… Hier il a bien essayé d’engager la conversation avec une tablée germaine, mais sans succès. Même ses compatriotes le rejettent. Il doit être de l’Est… Et la question du jour: qu’est-ce qu’un Allemand qui ne parle pas espagnol fait quand il ne se fait pas comprendre? Il parle allemand plus fort. Mère Thérèsa en moi a presque failli trouver un jeu d’échecs pour aller parler avec lui le langage international de ce jeu pour personnes au QI élevé, mais Amoureuse a eu la présence d’esprit de me dire: “Ok le smat, pis si tu gagnes, il va être encore plus décâlissé, tu trouves pas?” Comme c’est une possibilité, j’ai joué aux dés avec Amoureuse. J’ai perdu.

Jack et Huguette ne sont pas mariés. Juste “accotés”. À le voir aller, pas pour longtemps.

Chronique dominicaine – Partie 5

December 14th, 2009

Attention! Ce qui suit est composé de notes techniques qui peuvent rebuter le lecteur ordinaire. Si vous ne savez pas ce que TCP-IP veut vraiment dire, passez à la partie 6 et on n’en parle plus… :)

Je suis donc aux prises avec quelques problèmes techniques qui frustrent, mais stimulent aussi le geek en moi.

D’abord, les claviers des ordinateurs de l’hôtel. Pas d’accent. Même les codes ASCII que je connais par coeur en bon geek que je suis ne fonctionnent pas. Comme je me refuse à écrire comme une patate, je tape mes articles sur mon Android et je me micro-connecte sur le wi-fi de l’hôtel pour envoyer mes articles par un relais téléphonique via une interface de cms light pour WP. Je croyais que ça marchait bien jusqu’à ce que je reçoive une note d’iWeb me stipulant que mon compte avait été suspendu pour abus de ressources. Il semble que mon hack ait lancé MySQL en boucle et que j’aie fait dépasser la limite mémoire de mon allocation. Donc c’est la merde.

Ce matin Amoureuse geekette me propose de changer mon gmail pour la version française et d’utiliser le correcteur automatique. Ainsi quand j’écris: ecole, ça me propose école. Basta!

Sauf que j’ai trois chroniques déjà écrites dans mon téléphone… Amoureuse adjointe-exécutive me propose de les retranscrire avec son doigté habile et stimulant (vous devriez la voir!). Que nenni, ce serait trop simple et surtout pas assez McGiver pour moi…

J’ai donc forcé mon appli à écrire sur carte mini sd de mon appareil. Comme je n’ai pas de lecteur mini sd sur moi, j’ai littéralement démonté mon lecteur sd standard que j’utilise pour ma caméra et j’ai maintenant un simple cable USB que je peux brancher sur mon Android et, vous me voyez venir, sur les ordis de l’hôtel. Reste plus qu’à installer une appli Android pour simuler un lecteur sd et je pourrai “voir” le contenu de ma carte mini sd. Je vais faire le test ce soir. Si ça marche, un simple copy-paste conclura l’histoire.

Chronique dominicaine – Partie 3

December 14th, 2009

Jack Nicholson.

Nous l’appelerons Jack parce qu’il est de Montréal et donc pour préserver son anonymat. Mais Jack Nicholson est le premier persona qui m’est venu en tête quand je l’ai entendu parlé. Physiquement aussi, la ressemblance est inouïe.

La voix rauque du fumeur scotché un peu fini. La langueur dans le phrasé. La manière très particulière de placer les accents toniques sur des syllabes qui ne semblent pas avoir besoin d’emphase. Cette espèce de semi-dédain, disons, ce monologue désenchanté quand il raconte une histoire. Des affirmations à l’emporte-pièce qui résonnent longtemps dans le silence bouche-bée qu’elles laissent.

Jack est petit de taille, mais il se tient très droit. Le port de tête altier, le torse raide, le cou bloqué, le menton légèrement rentré comme une feinte de recul alors que son corps tout entier se lance en avant quand il parle.

Sa conjointe, appelons-la Huguette en raison de son âge, est une grand-mère très fière de cinq petits enfants. Travaille dans un hôpital. Donne des conseils médicinaux qui relèvent plus de la sorcellerie et de l’alchimie que de la science. Bien sûr, tous les sophismes d’autorité sont évoqués parce qu’elle travaille aux côtés de médecins…

Jack donc est un séducteur. Il possède des connexions très haut placées dans le monde interlope des revendeurs. C’est de cette manière qu’il arrive à se procurer sa marchandise du bonheur artificiel qu’il distribue comme St-Nicholas à toutes les belles employées de l’hôtel en échange d’un bisou et d’une photo pour montrer à ses chums: des peluches qu’il obtient, tenez-vous bien, à 2$ chacune! J’ai presqu’envie de passer avec lui du côté obscur de la Force pour goûter ces avantages de la vie…

Quand Huguette se lance dans une tirade d’herboriste ou un monologue généalogique, Jack fuit vers le bar de la piscine. Là, il perd un peu son sens de la réalité. Hier par exemple, après avoir parlé pendant deux jours à Amoureuse – parce que ce sont nos voisins de lits de plage, chanceux que nous sommes! – il l’a revue au bar, mais ne l’a pas reconnu en raison – c’est l’opinion d’Amoureuse – d’un taux d’alcool très élevé. Moi j’opte pour le dédoublement de personnalités. Bien sûr, il lui a demandé si elle venait souvent ici et si elle aimait les peluches. Quinze minutes plus tard il nous racontait presque son aventure avec une grande de 6 pieds au bar… La musique de Twilight Zone sonnait dans ma tête.

Nous avons nos stalkers pour la semaine…

Jack Nicholson.

Nous l'appelerons Jack parce qu'il est de Montréal et donc pour préserver son anonymat. Mais Jack Nicholson est le premier persona qui m'est venu en tête quand je l'ai entendu parlé. Physiquement aussi, la ressemblance est inouïe.

La voix rauque du fumeur scotché un peu fini. La langueur dans le phrasé. La manière très particulière de placer les accents toniques sur des syllabes qui ne semblent pas avoir besoin d'emphase. Cette espèce de semi-dédain, disons, ce monologue désenchanté quand il raconte une histoire. Des affirmations à l'emporte-pièce qui résonnent longtemps dans le silence bouche-bée qu'elles laissent.

Jack est petit de taille, mais il se tient très droit. Le port de tête altier, le torse raide, le cou bloqué, le menton légèrement rentré comme une feinte de recul alors que son corps tout entier se lance en avant quand il parle.

Sa conjointe, appelons-la Huguette en raison de son âge, est une grand-mère très fière de cinq petits enfants. Travaille dans un hôpital. Donne des conseils médicinaux qui relèvent plus de la sorcellerie et de l'alchimie que de la science. Bien sûr, tous les sophismes d'autorité sont évoqués parce qu'elle travaille aux côtés de médecins...

Jack donc est un séducteur. Il possède des connexions très haut placées dans le monde interlope des revendeurs. C'est de cette manière qu'il arrive à se procurer sa marchandise du bonheur artificiel qu'il distribue comme St-Nicholas à toutes les belles employées de l'hôtel en échange d'un bisou et d'une photo pour montrer à ses chums: des peluches qu'il obtient, tenez-vous bien, à 2$ chacune! J'ai presqu'envie de passer avec lui du côté obscur de la Force pour goûter ces avantages de la vie...

Quand Huguette se lance dans une tirade d'herboriste ou un monologue généalogique, Jack fuit vers le bar de la piscine. Là, il perd un peu son sens de la réalité. Hier par exemple, après avoir parlé pendant deux jours à Amoureuse - parce que ce sont nos voisins de lits de plage, chanceux que nous sommes! - il l'a revue au bar, mais ne l'a pas reconnu en raison - c'est l'opinion d'Amoureuse - d'un taux d'alcool très élevé. Moi j'opte pour le dédoublement de personnalités. Bien sûr, il lui a demandé si elle venait souvent ici et si elle aimait les peluches. Quinze minutes plus tard il nous racontait presque son aventure avec une grande de 6 pieds au bar... La musique de Twilight Zone sonnait dans ma tête.

Nous avons nos stalkers pour la semaine...

Il ne manque que le petit couple kétaine au tableau... Tiens! Voici Cynthiâ et Kayvin. La suite sera pour eux.

Chronique dominicaine – partie 2

December 11th, 2009

Moïse.

Moïse est un ange. Comme le prophète des trois grandes religions monothéistes, il a l’art de réconcilier les gens, les idées, les cultures. Moïse est un séducteur. Il a l’art du négoce. Moïse sait des choses… Si je devais fuir Pharaon et traverser une mer à pieds, je préfèrerais l’avoir de mon bord.

À la petite boutique de l’hôtel, Moïse opère les transactions d’initiés. Un empire dans l’empire. Comme je disais, Moïse sait des choses. Il connait des gens aussi. Il accueille les touristes dans au moins 4 langues, mais je suis certains que pour quelques billets, il les parlent toutes. Il maîtrise le français, ce qui trahit, avec le foncé de sa peau, ses humbles origines haïtiennes.

En 2007, il avait rendu nos vacances encore plus agréables par de judicieuses informations et surtout un indice des prix indexé par le facteur “bikini” d’Amoureuse. Paradoxal comment l’inflation de certains organes fasse chuter les prix.

Mais hier, aucune trace de Moïse…

Bonheur matinal après le petit-déjeuner, alors qu’une ondée soudaine vint arroser la végétation et quelques autres légumes qui tentaient de fuir la pluie qui mouillait leurs maillots de bains (!) Moïse sortit calmement de son antre pour ranger les toiles peintes par les artistes locaux. Lentement, avec une certaine noblesse dans le geste. A gentleman will walk but never run… son sourire galvanisé par une assurance contagieuse.

- Chéri, regarde, nous sommes sauvés, me lance Amoureuse déjà excitée… Moïse est toujours là!

Nous sommes allés présenter nos respects au maître des lieux. Il nous a reconnu comme il reconnait des milliers d’autres visiteurs, mais les seins d’Amoureuse qui le dévisageaient ont dû finir de lui rafraîchir la mémoire…

Ecce homo! Nos vacances seront bénies. Cet après-midi, le bikini d’Amoureuse fera chuter les cours du marché. Notre courtier est là.

Chronique dominicaine – partie 1

December 11th, 2009

Cette année encore, Amoureuse et moi avons décidé de faire le voyage avec les outardes et de descendre à des latitudes plus clémentes sur l’échelle centigrade. Retour aux sources de notre amour tropical: Punta Cana.

Grosse déception organisationnelle cependant puisque Transat n’offre plus le forfait et nous avons donc dû faire confiance à Sun Wing. De la merde. Vraiment.

Vol de merde. Escale imprévue de merde. Accueil de merde. Taxes bidons de merde. Autobus de merde. Bref, la tourista avant même d’avoir pris le premier drink…

Mais le personnel de l’hôtel n’est pas associé à Sun Wing… Ici, on est à la maison! Nonobstant l’enculé du cigar shop qui voulait nous faire croire qu’un Santa Ana Corona fait ici même dans une shed de tôle humide drette à côté de l’arbre qui a donné ses feuilles coûte 3 fois plus cher qu’à Montréal et sans compter la danseuse d’ébène aux bonnets d’or et à la ficelle bisectrice de la faille galbée bien timide – je parle toujours de la ficelle – qui a voulu tâtonner Amoureuse pendant que je la tâtonnais moi-même le temps d’une photo, nous retrouvons nos marques et commençons à entrer en mode vacances.

Il ne manque qu’une chose à notre bonheur: Moïse.

Vie et mort d'un oiseau

July 24th, 2009

Ceci est une histoire triste. C’est aussi le récit d’un espoir. Une anecdote qui semble mal finir, mais peut-être pas non plus.

Hier soir, petit souper en famille sur le patio. Soudain, un oiseau se pose sur la balustrade, tout près de nous, à distance de bras d’homme, mais surtout à distance de regard de petites filles émerveillées. La bête semble mal en point: le plumage ébouriffé, le regard las, quelques gouttelettes de sang sur le bec. Papa sait ce qui se passe. Nous avons un survivant devant nous.

Une inspection un peu plus rapprochée révèle une large blessure au cou de l’animal, la queue enfin est amputée de ses longues plumes habituelles. Titti a rencontré Sylvestre, mais il a réussi à s’échapper in extremis.

1… 2… 3… Papa pense vite. Ok, on va essayer de le sauver, au risque de causer une petite commotion s’il venait à mourir, mais, bon, Papa est un amant de la nature et voue un véritable culte à la vie (oui, il évite aussi de marcher sur les fourmis…). On monte la cage du chien, les filles préparent un bol d’eau et des miettes de pain, Annie s’affaire à capturer l’oiseau le plus délicatement possible, chose qu’elle réussit après seulement deux tentatives. Tout le monde applaudit!

Les filles partent chercher des brindilles, des fleurs pour faire beau et des branches pour faire un nid.

Papa les prépare au pire, mais annonce du même coup que nous avons tout fait pour le sauver, que nous avons agit sur ce que nous pouvions contrôler et que le reste ne nous appartenait plus. L’oiseau est encore debout, boit beaucoup et se réfugit dans le nid de branches de cèdre que nous avons composé du mieux que nous pouvions. Annabelle, du haut de ses cinq ans prépare un dessin pour Carolanne (c’est le nom de baptême de l’oiseau maintenant) et Elizabeth, avec la maturité de ses huit ans, pleure déjà de la tragédie possible.

Le soir est tristounet, mais on s’endort avec l’espoir d’avoir un nouveau locataire pour quelques jours, Du moins, c’est le plan puisque l’oiseau semble hors de danger et mange même un peu.

La nuit l’aura cependant emporté. Au petit matin, Papa se lève avant tout le monde pour constater l’état du survivant. Il ne l’est plus. La blessure, trop profonde. Papa cache le défunt du mieux qu’il peut pour le matin. On fera le deuil ce soir. Le ciel peut attendre. Le simulâcre est parfait.

Leçons à tirer. D’abord, la vie vaut la peine d’être préservée. Ce sera un enseignement sur la valeur de la vie, mais aussi une mise en perspective de la mort. Le chat, présumé, ne doit pas être perçu comme le bourreau dans cette histoire, toute naturelle. Elizabeth, anticipant le pire hier, a déjà compris que la vie est injuste. Papa l’a renforcé dans cette idée; ce sera un autre enseignement. Enfin, la tristesse est naturelle devant le spectacle de la mort, mais il ne faut pas s’en désoler pour autant.

Et ces mots de D. H. Lawrence me reviennent à l’esprit:

I never saw a wild thing sorry for itself.
A small bird will drop frozen dead from a bough
Without ever having felt sorry for itself.

Deux petits coeurs seront blessés, un peu, ce soir, mais grandiront du même coup. La grande idée derrière cet exercice est de montrer que malgré tous nos efforts, la conclusion est souvent hors de notre contrôle. Mais nous pouvons être fiers d’avoir tenté une action noble. C’est à l’aune de leurs actions que l’on mesure l’esprit des Hommes.

Persévérance et amour

May 8th, 2009

J’ai été extrêmement touché et ému par deux clips aperçus sur YouTube dernièrement.

D’abord la saga de Susan Boyle, cette écossaise de 47 ans à l’air un peu moche et rustre qui chante d’une voix d’ange une chanson qui parle de rêve et d’espoir.

Elle avait l’opinion de tout le monde contre elle et en 3 minutes elle a renversé la perception négative en opportunité incroyable.

Une belle histoire de négligée qui gagne au final.

Sa prestation est ici.

Mais aussi cette histoire d’un père qui, par amour pour son fils, décide de faire le triathlon Ironman avec lui. Son fils est un adulte lourdement handicapé et il doit le “traîner” avec lui!

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=GRHxHapwirw[/youtube]

C’est d’abord une histoire de persévérance, de détermination. Mais c’est aussi une histoire d’amour. Plus grande que la douleur.