Nous exigeons de nos employés qu’ils soient bien formés, éduqués, compétents. Nous leur demandons un certain degré de civilité et de qualités sociales. Nous souhaitons qu’ils aiment leur travail afin d’être plus productif.
Mais qu’en est-il de leur santé physique et mentale?
Comment peut-on espérer qu’un être humain soit productif s’il n’est pas en santé, voire s’il n’est pas heureux? Et je ne parle pas d’aimer son boulot, je parle d’être foncièrement heureux dans la vie, dans tous ses aspects.
Il est fort probable qu’une personne qui vit actuellement un drame (divorce, deuil, maladie d’un proche) soit moins concentrée sur son travail, voire fasse des erreurs coûteuses. Imaginez un contrôleur aérien dépressif!
Idem pour la maladie et pour, de façon générale, la condition physique.
J’ai déjà abordé ce sujet délicat avec un collaborateur. Il n’était pas en forme et vivait des choses difficiles en plus sur le plan émotif. J’ai commencé par le plus facile: son excès de poids (je sens tout le monde sursauter devant leur écran). Il avait un bon 10 kilos à perdre et il était souvent essoufflé, suait beaucoup et, au final, moins efficace. Je lui ai dit que je m’inquiétais pour lui, que sa santé me tenait à coeur parce que lui, personnellement, me tenait à coeur. Je lui ai parlé de performance et d’attitude positive, je lui ai rappelé qu’il n’y avait pas si longtemps, il faisait beaucoup de sport et il avait l’air mieux. Il m’a dit qu’effectivement il n’allait pas bien, qu’il voulait se sortir de cette impasse qu’il croyait inévitable. Nous n’en avons jamais reparlé, mais trois mois plus tard, il avait déjà perdu beaucoup de poids, s’était fait une petite amie et était fier de porter ses nouveaux complets à la mode. Il rayonnait. Et je n’y suis pour rien, c’est lui qui a couru les kilomètres!!
Ce qui m’amène à introduire le concept du présentéisme, par opposition à l’absentéisme. Beaucoup de travailleur se pointent tous les matins, mal en point, démotivés ou carrément dépressifs. Comment peuvent-ils être productifs? Comment peut-on exiger d’eux un rendement similaire à une personne en santé et heureuse? Et l’impact négatif de ces employés est pernicieux car beaucoup moins visible qu’une place vide dans un cubicule!
Alors comment faire? C-O-M-M-U-N-I-C-A-T-I-O-N. Si vous parlez à votre monde, vous les connaîtrez. Faites-vous un point d’honneur de connaître l’histoire de vos employés. Vous apprendrez d’abord l’histoire qu’ils voudront bien vous raconter, mais avec le temps, vous connaîtrez la trame de fond aussi. Vous n’êtes pas psychologue, médecin ou thérapeute, mais vous êtes une oreille, une chaleur humaine, une présence, une autorité aussi. Vous pouvez agir par la bande, par la suggestion, en laissant du temps pour la réflexion aussi. Tout se dit, avec différents degrés d’empathie et de respect.
On entend souvent des dirigeants dire que les employés sont leur plus grand actif… il est temps d’agir de la sorte.
Pour lire davantage sur le concept du présentéisme (anglais):
Presenteeism – [Wiki EN]